L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

10 juin 2009

Le thym était en fleur

1er_juinAu clair de la Plume - Consigne n° 5 du 1er Juin 2009.

»Vous y avez réfléchi depuis longtemps et vous vous êtes décidé : c'est ce pseudo là que vous avez choisi (ou que vous choisiriez) parce que ....Dites nous en 20 lignes maximum pourquoi ce pseudo vous a séduit et pas un autre, avec pour incipit :"depuis le temps qu’il me tourne dans la tête"

Le thym était en fleurs

Depuis le temps qu’il me tournait dans la tête ce pseudo, mais il faut dire que j’ai une patience inouïe ! mais surtout, je suis empreinte d’un grand sens de la contrariété. Cela vient sans doute de mon signe  -et double et d’air. Et puis, je suis un homo erectus, j’adore marcher ! j’ai en moi cet instinct grégaire de la majorité du troupeau. Car c’est un fait reconnu : l’humain aime marcher. Surtout lorsqu’il a besoin de réfléchir.
Les tourbillons de pensées qui lui agitent l’esprit, dans la rengaine monotone du son de chaque pas, gauche-droite, gauche-droite,  dans une sorte de danse organique,  prenne une signification symbolique lorsqu’il met un pied devant l’autre, de façon harmonieuse -si possible.
Que l’on tourne en rond ou en carré, cela n’a aucune espèce d’importance. Tout est dans le rythme.
J’imagine que vous vous demandez ce que viennent faire ici ces élucubrations. (Nos élucubrations n’en sont souvent que pour les autres). La raison en est l’inspiration par la photo. Elle me correspond dans mon grand illogisme. J’en reviens à ma patience, interpénétrée de mon esprit contradictoire et de mon illogisme qui m’oblige à constater ce fait incontournable mais non pas moins réel : j’ai toujours tourné en rond en carré.
Et lorsque j’ai eu l’envie, il y a 3 ans, d’ouvrir mon blog, j’ai cogité pour dégoter d’un part, un nom  qui corresponde à son « esprit » , qui, comme certain(s) le savent, porte sur la nature et les bricolages en tous genres – deux aspects qui sont parties intégrantes de mon être. Là, rien de bien compliqué : le diminutif de mon prénom Brie.. et la fin « collages » …oui, là, je l’avoue, je n’ai pas trop épuisé mes 2 neurones. Je ne pouvais pas trouver plus rapprochant ! Mais,  mais,….vous me direz que la consigne concerne le pseudo.. J’y viens.. - mais du fait, je fais d’un rond un carré ou d’une pierre, deux coups- … donc, au bout de quelques heures de profondes réflexions…je me suis arrêtée dans un coin de mon carré, celui que je suivais inlassablement en tournant en rond,  et mes yeux se sont portés tout naturellement par la fenêtre, l’appel de la nature,  et qu’ai-je vu ? : le thym était en fleurs !!!
N’existe t’il pas une concordance plus profonde à l’imagination d’ un pseudo  rapproché à un blog ? et  une différence lorsque l’on recherche un pseudo plus intimement lié à notre personnalité « intérieure », sans le but de la création d’un site ?


Posté par Brie à 11:54 - Exercices d'écriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 juin 2009

Je suis une maison

J’ai l’impression que, pendant des années, je me suis enfermée de moi-même dans une pièce étroite, mal éclairée, étouffante. C’était une solution volontaire, un renoncement, un refuge, devant mon impuissance.

Mon impossibilité d’être. D’être Moi. Le vrai, le profond, l’intime, le spirituel.

maisonCette pièce, c’est mon centre, mon ventre.

Je suis une maison.Mes jambes en sont la cave, ma tête le grenier.

Dans le grenier se trouve un vieille malle. Une pléthore d’araignées y ont dressé leurs toiles, tissées inlassablement aux fil des jours et des nuits d’oubli. Elles l’ont emprisonnée comme les gardiennes d’un trésor enfoui. Des petites souris blanches et grises lui ont grignoté le fond, jusqu’à en user le cuir. Des chats, eux, malicieux,  dans l’acuité de leur sens aiguisés, en ont pourtant bien trouvé le moyen par une petite ouverture entre deux tuiles mal alignées de s’introduire dans cette pièce oubliée. Ils possèdent encore, eux, cet instinct, cet élan qui les portent vers la nourriture vitale, même si celle-ci n’est qu’organique. L’autre leur est sûrement déjà acquise.

Ils s’y sont  lovés, les nuits froides et humides, en attendant les premiers rayons de l’aurore. Eux aussi, ont materné le contenu de la malle. Ils l’ont tenue au chaud dans le grenier sale et gris.

Son contenu, ces sont les mots qui n’ont pas été dits, les pensées qui n’ont pas été exprimées. Son contenu, c’est le refoulement. Je peux le toucher du doigt, à tous les étages de ma maison. Il ne reste pas à sa place, c’est tout. Il se loge dans la malle et attend patiemment.
La malle oubliée depuis si longtemps, s’atrophie, se recouvre d’une couche épaisse de poussières, alors qu’elle n’aspire qu’à s’ouvrir au  monde , à vivre au grand air au rythme du soleil et de la lune. Elle n’attend qu’un petit signe, un entrebaîllement, un rai de  lumière, pour s’élancer vers le jour. Il lui arrive même, de temps en temps, de se hausser légèrement sur la pointe des pieds pour rappeler à la maison toute entière sa présence. Mais souvent, ces signes-là, si ce n’est pas le moment, demeurent invisibles.

Et puis un jour, on ne sait pourquoi. Une minuscule brèche s’entrouve. Doucement. Dans un frémissement presque imperceptible pour qui n’y fait pas attention. Une brèche qui brise et déchire une à une les lattes du plancher, implorant de toutes ses forces invisibles, d’un élan impétueux, dans un langage timide mais péremptoire.

Et de cet interstice, si infime soit-il, émane une substance, qui comme une nourriture roborative,  m’insuffle une énergie nouvelle, apaisant mes doutes, mes ressentiments.
Comme si je me sentais plus lourde et plus légère à la fois.C’est comme si je respirais un air neuf,  revigorant, plus vivifiant. Comme si je pouvais, désormais,  aspirer dans toutes mes fibres les énergies cosmiques. Comme s’il était venu le temps de donner un nouveau sens à ma vie, une nouvelle dimension.Comme si, le lit vide de ma rivière, creusé depuis si longtemps, se remplissait petit à petit d’une eau claire et limpide, bienfaisante. Comme si j’étais l’univers, le soleil et la lune,  la terre et  ciel, les plantes et les animaux, le fini et  l’infini, le temporel et  l’intemporel, l’Un.

C’est un sentiment indéfinissable, difficile à transposer au mots. Ces mots qui me manquent.


Posté par Brie à 11:45 - Réflexions de Vie - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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