L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

24 juillet 2008

SOUVENIRS

Paroles Plurielles – Consigne 72 – Incipit « On y pensait depuis longtemps »

(photo de Coumarine)

consigne_72On y pensait depuis longtemps. Perdus dans mes pensées, je me souvenais de l’instant où des années auparavant, l’idée avait commencé à germer en nous . Il s’était servi une rasade de whisky. Moi, bien calée dans mon vieux fauteuil préféré, je sirotais un infusion de verveine tout en grignotant une pomme d’amour… j’admirais les rayons du soleil filtrant à travers les longues feuilles lancéolées du saule pleureur dont les branches si fines,  comme de grandes tentacules se recourbaient en forme de parapluie juste devant la baie vitrée de l’atelier, qui se reflétaient sur les pommes posées dans la coupelle de fruits et leur donnait un aspect si brillant.

Puis je m’étais tournée vers lui et en silence , je l’avais observé.

Il avait l’air absorbé, lui aussi par la beauté du paysage extérieur. Le regard tourné vers la fenêtre grande ouverte, ses yeux semblaient cependant ne s’attacher à aucun point précis. D’un coup, sa main avait saisi le pinceau et d’elle-même, comme si elle ne lui appartenait plus, l’avait trempé dans la peinture vert clair et  avait colorer la salopette bouffante et le béret de la petite africaine qu’il venait de sculpter. Puis, comme s’il venait d’émerger d’un long rêve, il avait plongé le pinceau dans la coupelle chargée du vert-de-gris qu’il utilisait toujours pour peindre les socles des statuettes.

A cet instant précis, je m’étais levée, avait saisi une pomme dans la coupelle à fruits puis m’étais dirigée vers son établi et plus particulièrement vers la boîte où étaient toujours bien rangées, par ordre de grandeur, les petites brosses. J’en avais saisi une au hasard et l’ avais enduit de vernis dont j’avais recouvert la grany. Puis, j’avais posé le fruit sur un cendrier carré de verre translucide  décoré de motifs indiens, toujours vide depuis que nous avions arrêter de fumer et  dont je ne me souvenais même plus la provenance. J’aimais ce contraste du carré et du rond. Du mat et du vernis. Enfin,  j'avais étalé un foulard qui traînait sur le dos d’une chaise et y avais posé le collier que je portais justement ce jour là et qui, comme par magie, de par ses couleurs, s’accordait totalement avec l’ensemble.

Il s’était levé, avait saisi l’appareil photo pour prendre celle qui allait devenir la photo fétiche de sa première exposition et allait le faire connaître dans le monde entier.


Posté par Brie à 16:44 - Exercices d'écriture - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

beaujour brie

et bien c'est une merveilleuse mise en mots de ce que l'oeil peut voir et imaginer au travers de la photo....

comme toi, je suis attristée de la tournure que prend P.P.
il me semble que certains n'aient pas compris l'importance d'écrire, de publier dans un lieu commun et d'y recevoir les commentaires de tout un chacun.
il me semblait qu'une certaine convivialité s'était créée au sein de ce blog d'écriture, et que l'échange était plus que l'écrit en lui meme ?
oui, cela me manque, car je n'ai trouvé nul part encore le mm état d'esprit.
à suivre.
bon aprés midi à toi.

Posté par rsylvie, 25 juillet 2008 à 15:13

Alors pourquoi ne pas rendre à nouveau une petite visite à notre blog http://autourdesmots.canalblog.com ? ;)

Posté par Christine_, 05 octobre 2008 à 00:56

bisousssssssssssssss

Posté par ambre, 22 octobre 2008 à 10:03

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