L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

20 juillet 2008

ETRE et NE PAS ETRE

Paroles Plurielles - Consigne 71 - 28 Juin - Incipit : "pendant sept jours et sept nuits, il (elle) veilla

consigne_71___28_juin___photo_de_fran_oise

Photo de Françoise

Pendant sept jours et sept nuits, elle veilla. Sa douleur, si poignante qu’elle pensait ne jamais en avoir ressentie de si intense de toute sa vie, lui faisait ressentir encore plus intensément les éléments naturels de la nature qui l’entourait, le climat bizarre qui régnait ces derniers jours, parfois l’apparition d’un soleil radieux – étincelant d’une lumière si violente qu’elle en avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle ressentait alors une chaleur intense comme si tout son corps prenait feu et en même temps, un froid intérieur si grand qui la faisait frissonner toute entière. Il lui semblait que le soleil  la narguait, elle trouvait sa présence incongru dans son paysage intérieur de douleurs.

Oui, ce soleil, elle ne le comprenait plus, il lui faisait peur ! puis, d’un coup, il se faufilait derrière des gros nuages gris qui obscurcissaient de plus en plus le ciel, pour éclater en une pluie violente qui forçait, comme par automatisme, à ouvrir les parapluies pour ne pas être cinglé sous son avalanche de pleurs.

Elle ressentait alors cette ambiance moite de la chaleur montant de la terre, traversant ses pieds, montant dans le creux de son ventre, le berceau, annihilant toutes ses forces, serpentant jusque dans ses veines qu’elle imaginait parcourues d’un liquide translucide, la grisant jusque dans sa tête. A ces instants, elle avait l’impression d’être en suspension dans l’espace. Elle n’existait plus, elle devenait elle-même cette incommensurable douleur qui la tenaillait au plus profond de sa chair. Bizarrement, son âme semblait s’apaiser.

Elle avait l’impression de n’être plus qu’esprit, elle touchait l’âme de son enfant, la chair de sa chair qui sommeillait là, couché dans l’herbe, sans vie.


Posté par Brie à 12:28 - Exercices d'écriture - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"elle avait l'impression d'être en suspension dans l'espace"... comme c'est beau !

oui, c'est vraiment dommage que le blog Paroles Plurielles ferme, car cela m'avait permis de découvrir en toi des talents d'écriture que tu gardais jalousement dans ta tête :-)

bisous, Brie

Posté par ambre, 20 juillet 2008 à 15:04

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