L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

23 décembre 2007

Il ne reste de toi........

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Il ne reste que les ombres sous un drap qu'on soulève
La chaleur d'un corps qu'on ne sentira plus
Il ne reste que l'amour vain irradiant de mon coeur
Dans une attente fertile de notre amour perdu

Il ne reste que les odeurs que je ne retrouve pas
Que je cherche dans les arômes flottants de mes souvenirs
Il ne reste que mes sens qui voguent avec le vent
Se croisent, s'emmèlent, se perdent sur les fils de ma vie

Il ne reste que mes souvenirs tapis dans les parois de mon cerveau
Comment vouloir oublier et se souvenir à la fois ?
Au détour d'un sourire, je me demande souvent ce que je fais là
Pas à pas sur l'herbe fraîche, ton âme dérivant au dessus de moi

Maintenant que je suis seule et que je dérive sur les scènes de la vie
Il ne reste que les volutes fluides de mes souvenirs enfouis
Une douleur qui me brûle et  me nourrit de gouttes d'amertume
Il ne reste que les larmes pour nourrir mes instants présents

Il ne reste que des odeurs sur des vêtements jadis habités
Qui s'enfuient avec le temps comme une honte d'être non lavés
Il ne reste que le miel acide d'un non sens
Il ne reste de toi que ton visage
qui se reflète dans mes rêves tourmentés

Poème dédié à mon mari décédé en décembre 2002

Posté par Brie à 19:34 - Poésie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Il te reste les ombres sous un drap soulevé
La chaleur de son corps si tu baisses les paupières
Il te reste l’amour irradiant de ton cœur
Dans une attente riche car l’amour n’est jamais perdu
Il te reste les odeurs abritées dans ton cœur
Qui volera toujours vers Fred comme un oiseau libre
Où qu’il soit, Brie,
tu le retrouveras toujours

Posté par ambre, 23 décembre 2007 à 21:59

je ne sais que dire...je lis...je crois comprendre....

Posté par Willow(Isa), 26 décembre 2007 à 11:19

Pour willow !

oui, Nad me disait qu'on ne sait que dire lorsque l'on a pas ressenti les douleurs d'une telle perte....mais....rien que ta p'tite phrase me fait plaisir !
j'attends que le temps fasse son oeuvre. Il passe si vite, mais en certaines périodes, si lentement...

Posté par Brie, 26 décembre 2007 à 19:07

Brie, comme toi, j'ai connu un tel drame, il avait 20 ans, moi 19. Les années ont passés, et une cicatrice pareille ne se referme jamais. La vie continue avec de nouvelles joies et d'autres peines.
Ton poème est très émouvant et magnifique.

Posté par Lovida, 27 décembre 2007 à 23:32

Adieu

J'ai lu un jour qu'il fallait deux années pour "faire son deuil" comme on dit maintenant...Mais j'ai connu une personne qui n'a mis que trois mois (c'est quand même un peu louche !)et d'autres jamais.
Mon joint a appris la mort récemment d'une de ses ex. Ca l'a beaucoup touché, et pourtant, il ne l'avait pas vue depuis plus de 30 ans...La question n'est pas d'oublier, mais de ne plus souffrir en se souvenant...

Posté par G de B, 29 décembre 2007 à 16:45

empathie intégrale

La période des fêtes est propice à la mémoire de ceux qui sont partis avant nous et que nous avons tant aimé, surtout quand on se retrouve seule, pour une raison ou une autre, et désemparée devant ce temps qui continue d'avançer dans son mouvement perpétuel. J'espère que ce joli poème atteindra un bout de l'âme de celui à qui il est destiné afin qu'il puisse t'envoyer, de la grande paix ou il se trouve, un peu de consolation.... POur répondre à la pêrtinente remarque de Grenouille, j'ajouterais que souvent la douleur est utile car elle est tout ce qui nous reste pour ne pas oublier.... Bises à toi Brie, et paix à ton coeur...

Posté par barbesse, 03 janvier 2008 à 10:35

Fred

vu les coins où jme suis promenée aujourd'hui à Paris, je pensais à Fred...
bisousBrie !

Posté par ambre, 21 mars 2008 à 20:08

même souffrance

votre poème parle pour moi, je vis les mêmes sentiments depuis le départ de mon amour le 5 décembre 2008, la vie est si lourde san slui, et vous avez su trouver ces mots si légers pour traduire notre souffrance commune

Posté par carannie, 17 avril 2009 à 17:38

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