L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

20 août 2007

Paroles Plurielles, consigne 52

Incipit " Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était l’exacte vérité"

consigne_52

Ruinée !

Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était l’exacte vérité.

Elle avait tenu à ce que je sois parmi les passagers de ce premier trajet, moi, son homme de mains, son bras droit.

Sa participation à la construction de ce train, elle le pensait,  redorerait le blason de la famille,  paierait les faramineuses dettes de jeux  de Monsieur Le Marquis, renflouerait les comptes. Elle y croyait tellement, qu’elle avait investi jusqu’aux bijoux qui faisaient la fierté de la famille depuis des générations.

Pour l’occasion, elle avait même acheté  un téléphone portable afin que je la tienne régulièrement au courant de mes impressions, et les deux jours précédents, nous nous étions penchés tous les deux, sur la notice d’emploi de cet appareil si compliqué.. Mais je restais sceptique. Ne va t’elle pas le perdre ? un appareil si petit…Saura t’elle décrocher pour m’entendre ? .. à 86 ans, la Marquise était encore alerte mais quelquefois, elle n’avait plus toute sa tête, et souvent n’entendait même pas les sonneries du gros téléphone noir, réglées au maximum, et qui vibraient si puissamment dans l’immense hall du château.

J’en étais là, perdu dans ces réflexions, assis sur cette banquette de cuir rouge, lorsque un homme vient s’asseoir en face de moi. Un homme, à l’allure austère, vêtu de gris des chaussures au chapeau, une attaché-case à la main, un journal plié dépassant d’une poche de son costume.

Il se trémoussait sur sa banquette, comme pour en ressentir la dureté, il inspectait de ses yeux sombres la cabine, du plancher au plafond, jusqu’à tester le système d’ouverture des vitres. De temps en temps, il jetait un œil sur le paysage qui ne semblait pas l’intéresser.

Au bout d’un moment, il se présenta et  je l’entendis me dire « et bien, moi qui croyait que ce nouveau train était la découverte de l’année ! Regardez comme ces banquettes sont dures et cette couleur  ! Horrible !  Sans parler  de ce système d’ouverture de fenêtres. Toujours les mêmes. Le pauvre quidam qui ne mesure pas au moins 1 m 80 ne peut pas l’ouvrir…Et la vitesse ?  vous trouvez qu’il va plus vite que les autres ? Je passe ma vie à voyager, Monsieur, et à voyager en train et bien, je peux vous l’affirmer, celui-ci ne vaut pas plus qu’un autre et celui qui l’a  réalisé n’entrera pas dans le siècle… »

Ces paroles me piquèrent comme un coup de fouet d’orties fraîches. J’appelais aussitôt Madame La Marquise pour lui faire part des réflexions que je venais d’entendre.  Elle ne voulut pas le croire mais, pourtant, ce que je venais de dire à la vieille Marquise de Ruy était l’exacte vérité. Elle était définitivement ruinée.


Posté par Brie à 10:56 - Exercices d'écriture - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 août 2007

En colère......

Vous n’en avez pas marre vous, de votre vie ? Vous n’en avez pas marre de rencontrer de plus en plus de jeunes – ou de moins jeunes -  qui ne savent plus parler mais crier dans leur portable, 300px_Un_dollar_usde croiser des gens de plus en plus obèses alors que chaque jour d’autres meurent de soif et de faim  ? de vos patrons qui vous prennent pour des

machines ? de voir de plus en plus de 4x4 circuler dans les rues, de croiser comme des flèches ces personnes qui courent autour de vous , qui ne savent plus s’arrêter, admirer une fleur, dire « bonjour », respirer, sourire ?

Vous êtes vous demandé une seule fois dans votre vie si vous étiez heureux ? … Quelle joie de pouvoir payer les traites d’une maison dans laquelle vous n’êtes jamais ! et quand vous y êtes, vous faites taire vos enfants pour dormir, vous « remettre » de la fatigue et du stress de la semaine….mais j’en conviens, quel héritage vous laisserez à vos enfants…lorsqu’ils auront payé 60% de taxes à l’état, surtout qu’au bout d’un certain nombre d’années, la maison se sera écroulée…

solit1Dès l’instant où l’on s’intéresse un peu à ce qui se passe autour de nous, comment ne pas se poser de questions ? dès l’instant où l’on entend aux infos que des gens meurent dans les rues l’hiver faute de toit, où qu’une pauvre famille qui vit (et de plus,  exploitée) depuis des années en France est renvoyée dans son pays, et que 2 minutes après, on entend le récit des vacances d’un certain personnage haut placé , dont une nuitée d’hôtel  coûte le salaire mensuel de certains……comment  accepter de vivre dans un tel monde ?

Je suis Française et je commence à avoir honte de l’être………( j’aimerais pas non plus être américaine….)

L’amour a  déserté nos cœurs, sauf  peut être pour certains, souvent d’ailleurs ceux que l’on nomme les « exclus » de la Société, ceux-là même qui  savent encore accompagner la p’tite vieille qui marche  en ruminant que ces enfants n’ont pas le temps de venir la voir, mais qui est si heureuse qu’on lui tienne le bras et qu’on prenne le temps de l’écouter…….

Souvent, je regarde des petits enfants, qui déjà dodus, sans aucun doute, prendront le chemin de leurs parents, car un pain au chocolat industriel remplace le baiser maternel, et j’ai vraiment peur….

…. comment se sentir « humain » lorsqu’on voit que le cadeau remplace l’absence,  que le carré de chocolat remplace le baiser d’une mère débordée,

et à deux pas de chez soi,

lorsque que l’on sait qu’UNE personne, que l’on voit tous les jours faire la manche au bas de sa rue, où un enfant s'engouffrer dans une porte cochère ,  finit par faire partie du paysage.. Lorsque l’on sait que cette personne, si on lui donnait un sourire, un repas, une couverture,  elle pourrait reprendre confiance en l’humanité… mais  ce soir là,  où un autre , même et surtout  s’il pleut ou qu’il neige, nous n’avons qu’une hâte, nous installer dans notre confortable canapé et  ne  pas rater le film de TF1 !

Quant aux problèmes environnementaux, j’ai l’impression dans notre pays, que tout le monde s’en fout…

Tout  va à vau  l’eau. L’autorité - la bonne - n’existe plus, le respect n’existe plus, l’amour de soi, et forcément du prochain a disparu. Seul persiste l’égocentrisme et le « travailler plus » pour mourir vivant…….

Notre univers, notre vie n’a plus aucun sens. A l’heure actuelle, la majorité se  met des ornières devant les yeux, pour occulter sa déchéance.

Le «besoin » des hommes à se  nourrir beaucoup trop et mal, pour compenser leurs manques existentiels  ; le besoin des hommes d

pensees2

e posséder de plus en plus : des articles ménagers, électriques bien sur – car pourquoi se fatiguer alors qu’on travaille tant -  une voiture plus grosse et plus rapide que celle du voisin, une femme aussi belle que dans les séries.- et la femme, elle, qui passe sa vie dans
les instituts pour ne surtout pas décevoir par l’image d’une femme naturelle ; les plus beaux cadeaux pour des enfants déjà pourris ,

Cette envie de luxe, toujours tout et vite, est devenu le « vital »  Et l’être dans tout cela, oublie qu’il est là, sur Terre, pour vivre SA vie et non celle qu’on lui moutonsimpose subrepticement…..

Tous ces besoins inutiles et dangereux incrustés insidieusement, jour après jour, par les publicités visuelles ou non, les séries débiles, la désinformation et les faux discours……. voilà comment  rendre le mouton plus robot que le robot lui-même,

mais le robot fait de circuits et de fer, lui, n’a pas de cerveau….

Je ne possède pas grand chose mais assez de larmes pour pleurer sur la détresse du monde

Et je me pose une question :

Quand l’homme va t’il se réveiller ?


Posté par Brie à 23:33 - Réflexions de Vie - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2007

P'tite citation

smile

      "Il faut garder quelques sourires

       pour se moquer des jours sans

       joie."

         Charles Trenet


Posté par Brie à 12:37 - Citations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1