31 juillet 2007
paroles plurielles, consigne 51
Incipit : "la surprise est de taille"

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La surprise est de taille
Je viens de la croiser et lorsque nos regards se sont fixés, ce fut comme un éclair zébrant la case mémoire de mon cerveau. Toutes les images de notre enfance se sont étalées devant mes yeux, comme les séquences d’un film.
C’était mon amie, ma sœur, ma confidente.
Nos familles vivaient sur le même palier, du même HLM, de la même cité.
Dans cette banlieue où tous les immeubles se ressemblent. Tags sur les murs, boîtes aux lettres défoncées, porte d’entrée dont les carreaux explosent régulièrement par les ballons de foot lancés par les gosses qui n’ont pas de terrains de jeux pour se défouler.
Les journées se succédaient aux journées, toutes les mêmes mais chaque matin était pour nous un moment de joie.
Le matin, la cavalcade des cinq étages pour savoir qui arriverait la première en bas, puis l’école, les récrés, les copines, les jeux.
Nous étions heureuses, nous avions toute la vie devant nous et tellement d’espoir.
Vers 19 h, les mères appelaient leur progéniture pour le dîner du soir, en étendant leur linge aux séchoirs des fenêtres. Nous aimions ce moment où notre immeuble, pour quelques heures, devenait un théâtre de couleurs.
Dans l’insouciance de notre jeunesse, cette vie nous la traversions comme dans un rêve
Nous avions exactement le même âge, à quelques jours près et étions inséparables. Mais surtout, nous avions le même rêve : devenir danseuse et bien sûr, le moment que nous attendions toujours avec la même impatience était l’heure de notre cours journalier de danse.
Là, nous n’étions plus de simples petites filles, nous étions des « étoiles ». Comme un certain Aznavour l’a chanté, nous nous voyions déjà en haut de l’affiche.
Un beau matin, son père apprit qu’il était muté. Ils avaient donc déménagé et nous nous étions quittées les larmes aux yeux en nous promettant de nous écrire toujours. J’avais été triste pendant de longs mois de cette séparation mais j’étais contente pour elle, car je savais que dans leur nouvelle ville existait une école préparatoire pour l’Opéra de Paris. Je me consolais en pensant qu’elle pourrait réaliser son rêve..
Dix ans après. La surprise est de taille. Elle est là, devant moi.
Toujours aussi svelte, en tenue de jogging, elle marche d’un pas tranquille sur les pavés de ma rue.
Petit rat dans le ballet de la valse des chômeurs.
11 juillet 2007
Paroles Plurielles, consigne 50
« Raconter une petite histoire, avec les petits bouts de phrase suivants qui se retrouveront dans l'ordre dans votre texte:
- Elle est debout (incipit)
- Que se passe-t-il?
- C'est un parti pris
- Des affreuses chaussettes de couleur verte
- Et ce jour-là, le soleil s'est levé comme d'habitude(dernière phrase) »

Une journée à la mer
Elle est debout, au milieu de son petit appartement.
Ce matin, une envie subite, comme un besoin impérieux de changer d’air, de sentir l’iode, de se laisser caresser par le vent du large, d’entendre le cri des mouettes, de se chauffer à la chaleur vivante du soleil. Elle a toujours aimé la mer, marcher pieds nus sur le sable le long de ses plages infinies.
Que se passe t’il ? se demande t’elle. Pourquoi aujourd’hui ?
Mais il fait si beau, et aujourd’hui, elle a tant besoin d’autre horizons.
Comme une nécessité absolue sans quoi elle ne pourrait plus avancer.
C’est décidé, elle part !
Dommage elle ne peut pas joindre sa meilleure amie pour lui proposer d’être de cette escapade d’un jour. Elle n’a pas de portable. C’est un parti pris.
Elle prépare son sac à dos, maillot de bains, serviette, chapeau. Elle sourit intérieurement de cette tendance qu’elle a toujours à prévoir le pire, ce qui ne l’empêche pas d’y insérer aussi un pull et des affreuses chaussettes de couleur verte qu’elle adore, au cas où le temps changerait subitement.
Les yeux pétillant de joie, le cœur léger à l’idée de cette belle journée qui s’annonce, elle chante sa vie et en montant dans son auto, elle pense« et ce jour-là, le soleil s'est levé comme d'habitude ».
09 juillet 2007
HAINE ROUGE
Je crois bien que j’ai attrapé un coup de soleil.
Je ne voulais pas y être moi, de cette virée à la mer. Ma peau si blanche, presque diaphane, n’est pas faite pour les rayons ardents du soleil d’été.
Mais les parents bien sûr n’ont pas voulu que je reste seule à la maison. Et maman m’a forcée à mettre cette robe rouge à fleurs blanches, que je déteste. Une de ses robes qu’elle a rafistolée à mes mesures. Ma mère, elle, adore le rouge et toutes ses nuances.
Elle a enfourné d’office dans mon sac un chapeau à larges bords, un panneau de crêpe, bien plié au fond d’un tiroir qui n’attendait que ce moment pour vivre sa vie, une serviette de plage bien trop petite.
Je me revois encore, étendue sur le sable brûlant, souffrant de la chaleur cuisante de ces ondes que l’on dit bienfaitrices, mon grand chapeau posé sur la tête, le paréo étalé sur mon corps, seuls les pieds dépassant du tissu soi-disant protecteur.
Et me voilà, rôtie comme un poulet, grillée comme une sardine, brûlée comme un arbre mort, torréfiée comme les grains de café du matin.
L’incarnat de ma chair est devenu le vermeil de mon sang. Un feu qui me brûle de milles picotements insupportables. Je ne suis plus que ce feu qui me dévore.
Ankylosée jusqu’à l’âme.
Ecarlate comme une tomate bien mûre.
Dermatosée. Aussi pourpre qu’un murex.
Et mes pieds, deux petites écrevisses tordues de douleur, comme ivres.
Je me regarde. Tristement. Mes joues empourprées du vermillon du cinabre.
Assise, dans ce fauteuil carmin, engoncée dans ma robe coquelicot, mon corps tout entier se confondant dans cette masse abhorrée. Je n’ai qu’une envie, lacérer cette robe qui m’enclave, m’extirper de ce fauteuil dont le gluant rougeoiement m’éblouit d’une lumière spectrale. Muer de ce ton qui m’asphyxie. Anéantir ces rouges de la palette des couleurs.
Me refondre dans le cristallin de ma peau.
04 juillet 2007
SIDÉRÉE......

La décroissance
A quand l'eau en bidons pour remplir les piscines ????
03 juillet 2007
SANS SENS DÉCENT
Elle était là, si belle, si souple, si pleine de naturel
Les pieds en l’air, la tête en bas, et coule son rimmel
Tous mes sens s'embrasèrent comme dans le manuel
Tout çà c’est à force d’allumer le feu
Elle me cherchait. Pour elle, tout ça n’était qu’un jeu
Et pourtant ses fantasmes illuminaient ses yeux
Hypnotisé d'amour, je ne voyais plus qu' elle
Par dessus, par dessous, j’retirais ses jarretelles
M’emmêlant tant et plus, recouvert de rimmel
Avec des lunettes tu verrais tellement mieux
Me dit-elle tout de go m’regardant droit dans les yeux
D’un seul coup, j’me sentis aussi vieil que mon vieux
A ton tour, me dit-elle, sans l'ombre d'un tourment
On va voir si tu es aussi souple que le serpent
Cet animal, tout mou, ondulant et rampant
On commence à l’envers et après on s’retourne
On regarde, on attend calmement qu’il nous enfourne (oui, bon !)
En cherchant vainement un mot se terminant par ourne
Voyons si tes fantasmes sont dignes d'un amant
Voyons si tes artères s’accordent à mes élans
Voyons si ton amour pour moi est aussi grand
Un amant c’est vite dit que fais tu des nounounes
Surtout quand elles se lâchent et lancent des « atchoum »
En suçant amoureusement de délicieux loukoums
Je le laisse la place, chaude de mes onguents
Et l’argile qui fondait sur moi dégoulinant
Sans dec’, d’ homme j’devenais un nono impuissant
Sens en perdition
j'étais là, comme un c..
Ben oui à force de tourner en rond
Je m'assis calmement, me mis à réfléchir
Du coup mes deux neurones se sont mis à bouillir
Comment faire, me plier ? Homme je ne puis obéir
C’est pas grave t’as qu’à te contenter de me faire jouir
Doit-on toujours à la femme céder à ses désirs ?
Évidemment à quoi veux tu d’autre servir ?
Sens en perdition
j'étais là, comme un c..
Occupe toi les mains t’auras l’air plus malin
Oublie tout, lâche toi, ne pense pas à demain
Tu verras, les nounounes sont mieux que les humains
