L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

28 juin 2007

Paroles Plurielles, consigne 49

Leçon de morale

consigne_49Le temps de vivre
Je vous le dis, vous, les femmes, les hommes qui passez

sans me voir, ou plutôt, qui faites semblant de ne pas me voir, vous aussi vous serez bien obligés de l’ouvrir cette porte et d’en traverser le seuil, et peut-être plus vite que vous ne le pensez !
Vous agissez comme moi, vous n’écoutez pas !
Vous vous dites que les leçons de morale sont inutiles !
et puis de toute façon que vous n’avez pas le temps !
Ce doit être dans le propre de l’être humain, ça, avancer, avancer, toujours plus vite, sans s’arrêter, sans regarder ce qui se passe autour de lui. Et les leçons de morale, on s’en tape l’œil , hein !
Mais, vous verrez, vous vous ferez avoir vous aussi !

Regardez moi ! Ecoutez moi ! Arrêtez vous un moment  ! J’étais comme vous avant. Je courais du matin au soir et puis un beau jour, arriva ce qui devait arriver : la crise cardiaque ! et croyez-moi, je n’ai pas eu le temps de comprendre….
Et je me retrouve ici, coincé, ne pouvant effectuer que des mouvements au ralenti et encore, quand je dis des mouvements ! Lever à moitié le bras me prend presque toute une matinée  ! et quel effort j’ai dû faire pour pointer le doigt vers vous, pour essayer de vous interpeller, vous, les femmes, les hommes qui ne voulez pas m’écouter.
Remarquez le temps, maintenant j’ai toute l’éternité pour  l’apprécier.

Je suis bien puni car savez-vous ce que je faisais avant : j’étais acrobate ! des heures et des heures d’entraînement.
Je jonglais avec la vie, avec ma vie. Comme vous !

Arrêtez vous ! Regardez-moi ! Ecoutez-moi ! Prenez le temps de vivre, prenez le temps de sourire,  prenez le temps d’admirer un coucher de soleil au lieu de vous abrutir devant la télé jusque pas d’heure, prenez le temps de dormir pour vous ressourcer, prenez le temps de vous promener dans la campagne, d’en humer les senteurs, d’écouter les oiseaux, d’admirer les beautés de la nature. Prenez 2 minutes de votre temps qui vous semble si sacré pour parler à votre voisin.

Prenez le temps de manger, de jouer, d’écouter vos enfants, de les aimer, de vous aimer, vous !
Arrêtez vous un instant et écoutez votre petite voix intérieure, celle qui vous dit qu’après il sera trop tard..


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25 juin 2007

Sens en perdition

bedchairdancingwatching2

Elle était là, si belle, si souple, empreinte de naturel
Tous mes sens s'embrasèrent comme dans le manuel
Hypnotisé d'amour, je ne voyais plus qu' elle

A ton tour, me dit-elle, sans l'ombre d'un tourment
Voyons si tes fantasmes sont dignes d'un amant
Je le laisse la place, chaude de mes onguents

Sens en perdition
j'étais là, comme un c..

Je m'assis calmement, me mis à réfléchir
Comment faire, me plier ? Homme je ne puis obéir
Doit-on toujours à la femme céder à ses désirs ?

Sens en perdition
j'étais là, comme un c..


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20 juin 2007

SANS DESSUS DESSOUS

bedchairwaiting___Eric_Fischl2

Envie folle, indicible, irréelle

S’imprègne dans mes fibres comme une
coulée de miel
Cœur et corps libre, fleur ouverte vers le ciel

Etre là
Sans dessus dessous

Dans mes cris de rage comme pris en cage
Ebauche d’un sourire, instant d'un soupir

Plier mon corps, l’offrir sans l'once d’un retenir

Etre là
Sans dessus dessous


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18 juin 2007

Les arbres me parlent (II) 2ème partie

LE VOYAGE

Je me mis donc en chemin.
J’avais le cœur gros de n’avoir pu prévenir Maman Ourse. Cependant, elle était habituée à ne pas me voir de plusieurs jours aussi je savais qu’elle ne s’inquiéterait pas tout de suite.

J’espérais bien ne pas marcher pendant des années mais je n’en savais rien et de toute façon, pour moi le temps n’existait pas. D’un côté, ma soif d’aventures me donnaient des ailes mais, en même temps, cet inconnu m’arrachait des frissons sur tout le corps. Je me mis à chantonner pour me donner ce courage qui me manquait.

Et surtout je me disais que j’allais enfin rencontrer l’Homme !!

Je repensais à plusieurs discussions que nous avions eues avec Maman ourse. Je repensais aussi aux leçons qu’elle m’avait enseignées, à la pratique du 7ème sens. C’était le moment idéal ! Je fermais les yeux et me concentrais profondément.

J’eus une sensation inconnue. Quelque chose dans l’air. Quelque chose d’indéfinissable mais perceptible. Je n’entendais plus rien. Plus rien que le silence. Un silence mat, sourd, plein et vide à la fois.. Un silence qui, d’une certaine manière me semblait une présence. Comme un gouffre,  un vide infini. Une suspension du souffle et du temps.

ourse… et je la vis. Elle se reposait tranquillement. Elle leva la tête comme si elle avait senti ma présence.

Alors je me concentrais encore plus intensément et mes pensées coulèrent tout naturellement vers elle. Je lui fis part de ce que m’avait dit l’arbre-serpent, telle une mission pour l’avenir de moi. Le devenir de l’être humain.

Bien sûr ce n’était que du ressenti pas du formulé mais c’était tellement réel que je m’en étonnais moi-même.

Elle m’affirma que je n’avais pas besoin d’un homme pour être heureuse. Elle m’affirma que l’homme avait oublié qu’il était atome de cette vie même qu’il détruisait, qu’il était l’incarnation de l’égoïsme, de l’hypocrisie.  Qu’il n’était qu’un être cruel, inconscient et surtout qu’il me volerait ma liberté..

Je pouvais comprendre sa rage bouillante. Je savais que Papa avait été tué d’une balle par ces horribles chasseurs qui tuaient pour les peaux.

Je sentis en moi monter un chagrin immense. Il me semblait que mon cœur était devenu un lac de peine aussi grand que celui où nous allions nous abreuver.

J’avais l’impression de trahir maman Ourse mais, en même temps, j’avais tellement soif d’aventure. J’avais envie de découvrir le monde, et surtout de rencontrer Tarzan !

Et puis, j’avais confiance en  mes amis les arbres.  Ils ne pouvaient pas me tromper.

Après quelques grognements oursifs, elle comprit ma détermination. Je vis des larmes perler à ses paupières.. J’essayais d’être forte et enjouée, mais au fond de mon cœur, j’étais vraiment très triste de lui faire tant de peine.

Je lui dis que je partais pour de longs jours..

Je marchais. Je marchais. Je marchais. Je marchais. riviere1

Le soir du 7ème jour, j’arrivais sur les bords d’une rivière. L’eau s’y promenait au fond d’une entaille douce et sautait de pierre en pierre, comme une petite fille qui joue à la marelle. C’était un ravissement, un sourire qui dégouline sur un lit de cailloux si purs qu’ils en paraissaient transparents

Le soleil y étalait des flaques de lumière avec insolence. Les couleurs s’y mélangeaient comme dans un mirage.

J’y baignais mes pieds douloureux, et je me sentis tout de suite plus légère.

arbre_pontPuis je levais les yeux et je le vis : l’ARBRE-PONT. 
Il était là, se languissant paresseusement dans l’eau.

Il m’invita à me blottir au creux de ses racines pour y passer la nuit.

« Bravo Jane, tu as choisi la merveilleuse aventure de l’inconnu. Tu as compris que ce tu as vécu n’aura jamais l’importance de ce qu’il te reste à vivre.

Nous ne savions pas si tu aurais la force et le courage de prendre possession de toi-même !

Mais ton chemin n’est pas fini. Tu vas devoir traverser un territoire aride et dangereux. Le territoire de l’arbre-squelette.desert2 C’est un paysage triste et désolé qu’il te faudra traverser en étant à chaque instant sur le qui-vive. Tu y rencontreras des animaux inconnus. Ne t’y fies pas. Ils sont dangereux. Aucun pas de petit d’homme n’a foulé leur sol et ils ne pourront te reconnaître comme l’un des leurs.

N’y ramasse aucune plante même celles que tu penseras reconnaître, car elles sont toutes mortelles. Tu ne devras pas non plus y boire l’eau des rivières.

Va et arrête toi seulement lorsque tu rencontreras l’arbre-énergie

Après m’être reposée et avoir ramassé des plantes et des fruits sauvages en prévision des jours à venir, je repartis donc, la peur au ventre, terrifiée de ce qui m’attendait.

Je me disais que si chaque humain-femme devait traverser de telles épreuves pour rencontrer l’Homme, cet énergumène  devait vraiment être exceptionnel contrairement à ce que m’avait dit Maman-Ourse. Bien sûr, ils devaient y avoir des exceptions, comme ces chasseurs maudits auxquels ils devaient sûrement manquer quelques neurones.

A12AT1Après plusieurs jours de marche, j’aperçus au loin un arbre comme je n’en avais jamais vu. Aucune feuille ne volait à ses multiples branches qui s’élevaient vers le ciel comme pour une incantation.

A ces pieds, pas un brin d’herbe. C’était une pure désolation. Les montagnes au loin étaient aussi stériles qu’une coquille d’oeuf.

En voyant ce spectacle, je savais que là était la grande épreuve.

Moi qui toute ma vie n’avait marché que sur des nids douillets de feuilles, il me fallait avancer sur cette terre qui me semblait si inhospitalière, si dure.

J’avançais donc à grands pas, et comme me l’avait conseillé l’arbre-pont, tous mes sens étaient en alerte. Je scrutais chaque recoin. Pendant de longs jours, le paysage que je traversais ne variait pas d’un pouce, montagne et désolation….(desert2)

Mes pieds commençaient à me brûler sérieusement.black_licorne_cabree

A bout de force, je m’assis près d’une rivière, tellement assoiffée qu’il me fallut beaucoup de courage pour contenir mon envie de boire. De l’autre côté se cabrait un drôle d’ animal noir à la crinière étrangement colorée.

Il m’invita à monter sur son dos et me dit qu’il m’avancerait sur mon voyage. Les paroles des arbres résonnaient dans ma tête. Je pris peur, farfouillais dans le peu de force qui me restait et réussis à m’enfuir.

Je me nourrissais des plantes et des fruits que j’avais pris la peine de cueillir avant d’arriver sur ce territoire maudit.

Je marchais encore longtemps et enfin, je sentis de nouveau l’herbe sous mes pieds. Quel soulagement ! et puis je rencontrais de nouveau ces sous-bois que j’aimais, ces arbres que je connaissais, les piaillements des oiseaux, les bruits familiers des habitants des forêts.

Je m’écroulais (cascade) de fatigue.

Je me mis à genoux, les bras tendus, remerciant le ciel d’être  sortie de l’enfer.

cascadeUn cri guttural sortit de ma gorge, un cri empli d’une telle joie, d’une telle force qu’il m’étonna moi-même.

Je restais là, admirant le paysage qui s’offrait à moi,  une vision féerique.

La nuit tombait mais s’ornait de merveilleuses lumières. J’avais l’impression d’être arrivée au Paradis.

Au pied de la cascade, dans un grand lac tranquille, les reflets du ciel et de la nature y miroitaient dans des tons dont je ne connaissais même pas le nom. Je me dévêtis et me plongeais dans l’eau pure.


Tout mon être fut en un instant merveilleusement revigoré par l’eau bienfaitrice.

Je sortis de l’eau et me sentis aimantée vers un arbre, comme s’il m’appelait.
J’allais y coller mon corps pour me ressourcer de ses fluides.

Vous avez compris.

C’était l’arbre-Energie.

arbreJane


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15 juin 2007

A t'on le choix ?

solit1

On a le choix de ses plaisirs, pas celui de ses souffrances. On dirait plutôt que les souffrances nous choisissent, elles connaissent nos faiblesses et le terrain de jeu de nos illusions.

Pierre Filion


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12 juin 2007

JOURNEES DE LA PAIX

Un p'tit clic là.......

http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/06/11/5266455.html#comments


Posté par Brie à 20:22 - Réflexions de Vie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

AU DELA

13930582_p

Au delà de nos mots, plus loin que le silence
Laisse mes lèvres brûler l' impermanence
Laisse moi respirer, exister tes absences
Laisse mes mains toucher tes seins

Au delà de nos âmes, au delà des brûlures
Laisse moi naviguer au dedans de tes murs
Laisse moi l'espérance d'une ultime aventure
Laisse moi te toucher doux comme un murmure

Au delà de nos couleurs et de nos différences
Laisse mon âme embrasser tes nuances
Laisse la toucher tes sens, accepter tes silences
Laisse mes mains toucher tes seins

Au delà de nos fors offerts comme un trésor
Laisse moi être les mouvements de ton corps
Laisse toi un instant vivre petite mort
Laissemoi te parcourir encore et encore

Au delà des images, au delà des vouloirs
Laisse moi me noyer à travers ton regard
Laisse toi aller, effleurer mes hasards
Laisse mes mains toucher tes seins

Au delà de nos châines et de nos certitudes
Laisse moi bousculer tes habitudes
Laisse toi embraser de mes multitudes
Laisse moi colorer tes amplitudes

Au delà des désirs, au delà des soupirs
Laisse moi apprivoiser tes plaisirs
Laisse toi envahir de tous mes désirs
Laisse mes mains toucher tes seins.


Dernière version "moins pire" que l'autre


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09 juin 2007

Paroles Plurielles, consigne 48

Incipit ou dernière phrase : "excuse moi, c'est une erreur"

13930582_p

Au delà

Au delà de nos mots, plus loin que le silence
Laisse mes lèvres brûler l' impermanence
Laisse moi respirer, exister tes absences
Laisse mes mains toucher tes mains

Au delà de nos âmes, au delà des brûlures
Laisse moi naviguer au dedans de tes murs
Laisse moi l'espérance d'une ultime aventure
Laisse tes mains toucher mes seins

Au delà de nos couleurs et de nos différences
Laisse mon âme embrasser tes nuances
Laisse la exprimer l' amour dans tes silences
Laisse mes mains toucher tes mains

Au delà de nos fors offerts comme un trésor
Laisse moi être les mouvements de ton corps
Laisse toi un instant comme une petite mort
Laisse tes mains toucher mes seins

Au delà des images, au delà des vouloirs
Laisse moi me noyer à travers ton regard
Laisse toi aller, effleurer mes hasards
Laisse mes mains toucher tes mains

Au delà des photos, au delà des rimailles
Laisse moi me conduire telle une canaille
Laisse moi poser cette phrase comme on ripaille
Laisse mes mains toucher tes seins
Excuse moi c'est une erreur


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02 juin 2007

Mourir doucement

plage2

Comme une vague aller une dernière fois

Mourir doucement sur le sable d'une plage

Comme le silence, partir qu'on ne m'entende pas

Sceller ma vie au mirage d'un rocher

Pourquoi trainer l'envie d'une existence sans vie
Je préfère m'en aller sans lendemain, sans envie
Me désagréger, exploser, me catapulter
De cent mille morceaux devenir étoile
Recouvrir mon coeur et mon âme d'un voile
Partir là bas où n'existent plus les lumières
Trahir la vie comme un pays que l'on déserte
Claquer la porte sur les manques d'amour
Ephémère sensation d'une pluie d'étincelles
Comme un ressac qui se meurt sans retour
Mourir doucement sur le sable d'une plage


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