L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

31 mai 2007

"A quel moment l'humanité commencera t'elle à s'écrouler ?"

http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte


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30 mai 2007

Les arbres me parlent (II) 1ère partie

JANE

Il fallait bien que je l’admette. Mille fois je m’étais aventurée dans cette partie de la ARBRE_fauteuilforêt, pour chercher de nouvelles herbes sauvages. Je la connaissais comme ma poche.


Mais là, ma poche s’était bizarrement agrandie de chemins inconnus. Un sentiment de peur me submerga. J'étais perdue au milieu de cette immensité arbresque, perdue aussi dans ces intenses réflexions
qui m’épuisaient littéralement. Je m’assis sur l’arbre-fauteuil pour réfléchir aux raisons mystérieuses qui avaient fait que cette forêt dans laquelle j’étais née, où j’avais grandie, m’était devenue tout à coup étrangère.

La forêt se métamorphosait et je n’en comprenais pas le sens…..
Je m’étais bien aperçue ces derniers  temps que certains de mes amis avaient disparu, Rousson l’écureuil et sa petite famille, Goliath le serpent, sans parler des nombreux oiseaux qui ne migraient plus à leur époque habituelle..
Je m’étais bien aperçue que les périodes d’hiver étaient de moins en moins froides. Je n’étaisarbre_trous même plus obligée de me lover dans les pattes de maman Ourse pour dormir..
Je m’étais bien aperçue aussi que certains arbres se desséchaient sans que j’en connaisse la raison…… que certains autres se criblaient de trous.
C'était incompréhensible.
Tous ces phénomènes étaient-il le résultat
de l’homme ? l’homme, j’en avais bien entendu parler mais je n’en avais jamais vu. A quoi cela pouvait-il ressembler ????

Etait-ce tous ces dérèglements qui avait forcée la forêt à se créer de nouveaux chemins ? 
La foret se vengeait-elle de l’homme par ce moyen pour qu’il vienne s’y perdre et y mourir à petit feu ?

ARBRE_SERPENT575J’en étais là de mes réflexions lorsque j’entendis un sifflement bizarre.
Je me retournais et je vis, rampant vers moi, l’arbre-serpent. Sa tête se dressait. Je dois dire franchement que sa tête me fit plutôt penser à  GrandeSoif le chameau.
J’étais sidérée, je n’avais jamais vu de chameau rampant.
Encore moins de chameau qui sifflait.
Je sentis mon sang refluer dans mes pieds, et d’un coup mon esprit se vida de toute matière.

Je devenais gélatine. Etrange sensation !

Une pluie lancinante comme un migraine s’était mise à tomber. Une pluie acide, brûlante Je regardais la forêt s’emplir d’ombres et de bruissements. Décidément, je ne la reconnaissais plus. Elle suintait la tristesse.

J’entendis alors l’arbre-serpent me dire  « toi,  Jane de la forêt, toi que nous connaissons depuis ta naissance, toi que nous avons élevée comme l’une des nôtres, nous t’aimons comme notre fille. Tu nous as respectés de la petite feuille morte tombée qui nourrit la terre,  jusqu’à l’arbre-fauteuil sur lequel tu es assise et qui entre maintenant dans sa 427ème année, de la si minuscule fourmi jusqu’à Bambo l’éléphant.
Toi qui connais chaque recoin à des kilomètres à la ronde, comment peux-tu penser que tu puisses être perdue parmi les tiens ?
Regardes bien autour de toi, la forêt est là, toujours la même. Mais en même temps que tu grandis aussi belle et forte qu’un arbre, la forêt elle, s’étiole.
D’année en année,  elle perd son oxygène car les hommes, eux, n’ont pas compris qu’ils étaient liés à nous.


Ils sont devenus insensibles aux arbres, aux oiseaux, aux montagnes, au vent, à tout ce qui les entoure dans le monde. Ils profitent, ils prennent, gardent mais ne rendent pas.
Nous assistons, impuissants, à une lente décomposition : la vague de destruction chevauche la vague de la vie.

Bien sûr, comment pourrais-tu comprendre, toi qui replante une graine àARBRECOEUR chaque fois que tu déterres une plante pour te nourrir, comment pourrais tu te douter que tes congénères, eux, déboisent des hectares de forêt  sans s’inquiéter des conséquences de leurs actes. Non, petite Jane de la forêt, tu ne peux savoir à quel point l’homme est égoïste et inconscient.
Aussi, nous avons voulu non pas que tu te perdes, mais que tu puisses un moment te reposer et regarder au travers de ton écorce. Je veux dire de ton âme.

Car malgré tout, la vie est ainsi faite que l’homme et la femme sont faits pour se rencontrer , s’aimer et faire des petits d’homme. Nous nous sommes concertés avec l’arbre-cœur  et avons trouvé cette solution pour que tu t’assoies enfin et que tu nous écoutes.. Il est grand temps pour toi désormais de t’unir.

Ta vie va devenir de plus en plus difficile et cruelle.

Les plantes vont manquer, les animaux vont devenir féroces car on leur ôte leur territoire et de par là même leur nourriture. Tu pas passer des hivers et des étés dont tu n’as pas idée.. Pour t’aider, tu dois absolument trouver Tarzan. C’est un homme qui vit comme toi parmi nous depuis sa naissance mais il vit loin, bien loin d’ici, là où poussent les lianes et où rugissent les lions. Il va falloir te rendre sur son territoire.

Maintenant, va, prends ce sentier que tu ne connais pas.. Celui-là, sur ta droite, il te ménera à  l’arbre-pont qui te montrera le chemin. »

(à suivre)

Merci à Willow pour la photo de l'arbre-coeur

Merci à GdeB pour la photo de l'arbre-fauteuil


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29 mai 2007

Photo du jour

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Connaissez-vous cette fleur ?


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28 mai 2007

Paroles Plurielles, consigne 47

Incipit  "le samedi, c'est plus tranquille. Il y a moins de monde !

photo_consigne_47

Le samedi, c’est plus tranquille. Il y a moins de monde ! 
Il vient de lancer cette rengaine comme tous les vendredis soirs ! Ah mon homme, mon homme, comme j’aime ces phrases si régulièrement prononcées, avec tant de désinvolture !
Zoé et Arthur  le regardent avec admiration, l’air béat, se demandant si leur père ne serait plus plutôt un  grand enfant. Mais si justement, il l’est resté, juste pour le jeu, juste pour la vie.
Et comme tous les vendredis depuis que nous vivons là, il me prend en photo avec les enfants. Album bizarre où ne s’étalent que les photos du vendredi soir, moi et les enfants, semaine après semaine,
année après année.
Ah je vous le dis, je suis tombée sur le gros lot. Un original, un marginal, un homme si enjoué, si plein de gaîté, d’imagination et qui trouve des solutions à tout.
Un homme qui aime toujours autant se lever le matin avec le soleil, même après ces 5 années de chômage qui nous ont amenés à vivre comme des vacanciers en vacances toute l’année. En vacances oui, mais sans le budget..
Un homme qui enjolive les jours au point que nous en oublions souvent que le frigidaire est vide.
Plus rien à manger ? hop, on part dans la campagne ramasser des herbes sauvages, pissenlits, épinards, orties qu’on saura bien faire mijoter avec les quelques petites patates qui ont bien voulu pousser malgré la canicule de ces dernières années . On cueille des fruits sauvages que la nature nous offre si généreusement, pommes, figues, prunes,  mûres, cerises  … et voilà, un repas simple, naturel, qui rassasie et qui laisse au palais le goût d’une vraie nourriture.
Quelle joie d’être tous ensemble, de voir le regard pétillant des enfants gambadant dans l’herbe, les lèvres et les doigts colorés du jus des cerises où des mûres, de se sentir légers comme le vent, libres.
Souvent je me dis que c’est une chance inouïe d’avoir rencontré cet homme, si plein de générosité, si plein d’amour, si débrouillard, qui a su  s’accommoder de cette nouvelle vie, comme une renaissance.  Notre petit bout de terre, par exemple,  nous est  échangé contre de menus services : quelques travaux de jardinage chez son propriétaire.  La bonne vieille technique du troc.
Oui, il est vrai, dans le campement, le samedi est la journée la plus tranquille.
Certains vont  au village dont l’unique séance est projetée ce jour là dans un petit ciné comme on n’en voit plus que dans les campagnes, avec des chaises en bois comme à l’école et dont l’entrée est gratuite.. D’autres, les ados,  lèvent le pouce au bout de la rue pour se rendre à la ville, retrouver les copains, avoir l’impression, pour un jour,  d’être comme eux.
Mais, le soir, ce sont les grandes retrouvailles. Tout le monde s’assoient autour du feu pour se retrouver,  être ensemble,  parler et écouter, se soutenir, s’aimer….. toutes ses richesses que le monde semble avoir oublié……


Posté par Brie à 09:39 - Exercices d'écriture - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2007

Ultime hommage

notre mère vient de nous quitter...elle aura emporté ce poème sur son coeur......

Danny_Hahlbohm___Thy_will_be_DoneMaman, ne sois pas triste, tu as connu la vie
Au fil des jours, les bonheurs, les émois
Les mois suivants les mois, les plaisirs, les envies
Année après année, pleurs, chagrins et aussi joies

Maman, ne sois pas triste, tu as été la mie
Trois beaux enfants sont nés de ta chair, de ton sang
Du bonheur partagé avec ton cher mari
Resteront sur la terre comme un ultime présent

Maman, ne soit pas triste aujourd’hui comme demain
Toi même souvent tu parlais du destin
La fin inéluctable est pour tous les humains
Il est venu le temps de lui donner la main

Maman, ne sois pas triste, seule importe la tendresse
La mort comme la vie n’est pas une tristesse
Juste rythmes de l’existence dans toutes ses largesses
Laisses couler tes larmes mais non dans la détresse

Maman, ne sois pas triste, nous nous retrouverons
Toute la famille t’attend et nous attend aussi
Sur le chemin des étoiles comme toi nous irons
Dans les cieux éternels, nous serons réunis

Maman, ne soit pas triste de ce voyage dernier
De merveilleuses lumières viendront t’y emmener

Tu ne souffriras plus, ton cœur sera léger
La vie continuera par ton âme allégée

Maman, ne sois pas triste, nous serrerons tes mains
La mort n’est qu’un passage, ne penses pas à demain
Sois heureuse, ils t’attendent nos ancêtres communs
Leurs bras grands ouverts te guideront sur le chemin


Posté par Brie à 20:16 - Poésie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2007

je voudrais dire...

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Voilà ce qui me plaît. Etre en liberté, la nuit, au bord de calmes eaux courantes. Des instants qui m’ont toujours semblés empreints de mystère, où l’on se sent si proche de la nature, en harmonie avec le monde. Le clapotis de l’eau, les grenouilles qui clament leurs amours, les bruissements des arbres qui chantent au gré du vent, ces milles bruits inconnus et quelquefois inquiétants. La nuit, les ténèbres, cette ambiance qui nous entoure, cette absence des bruits familiers. Et lorsque qu’on tourne son regard vers le ciel, que  l’on voit briller les étoiles, qu’on n’entend plus le son de la voix humaine, on ressent encore avec plus de force notre isolement. On se retrouve séparée de tout, livrée à nous-même. Quelquefois une terrible impression de solitude nous étreint. On se repense au temps où les rivières, les montagnes et les animaux étaient l’univers. Plus de ville, plus de route, plus de maison, plus de modernisation, plus rien. Rien d’autre que nous. Comme si nous ne faisions qu’un avec la nature et les animaux. Un sentiment d’ harmonie, de symbiose . Et quand le jour se lève, c’est une merveilleuse émotion de sentir la lumière du ciel nous couler dans les yeux. Un vrai bonheur.

  Je voudrais dire à tous ceux qui n’ont jamais dormi à la belle étoile, de tenter cette  expérience, de quitter leurs lits douillets, de s’allonger dans l’herbe où sur une plage, de s’abandonner et de laisser la lumière glisser sur leur corps.


Posté par Brie à 08:38 - Réflexions de Vie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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