28 mai 2007
Paroles Plurielles, consigne 47
Incipit "le samedi, c'est plus tranquille. Il y a moins de monde !

Le samedi, c’est plus tranquille. Il y a moins de monde !
Il vient de lancer cette rengaine comme tous les vendredis soirs ! Ah mon homme, mon homme, comme j’aime ces phrases si régulièrement prononcées, avec tant de désinvolture !
Zoé et Arthur le regardent avec admiration, l’air béat, se demandant si leur père ne serait plus plutôt un grand enfant. Mais si justement, il l’est resté, juste pour le jeu, juste pour la vie.
Et comme tous les vendredis depuis que nous vivons là, il me prend en photo avec les enfants. Album bizarre où ne s’étalent que les photos du vendredi soir, moi et les enfants, semaine après semaine, année après année.
Ah je vous le dis, je suis tombée sur le gros lot. Un original, un marginal, un homme si enjoué, si plein de gaîté, d’imagination et qui trouve des solutions à tout.
Un homme qui aime toujours autant se lever le matin avec le soleil, même après ces 5 années de chômage qui nous ont amenés à vivre comme des vacanciers en vacances toute l’année. En vacances oui, mais sans le budget..
Un homme qui enjolive les jours au point que nous en oublions souvent que le frigidaire est vide.
Plus rien à manger ? hop, on part dans la campagne ramasser des herbes sauvages, pissenlits, épinards, orties qu’on saura bien faire mijoter avec les quelques petites patates qui ont bien voulu pousser malgré la canicule de ces dernières années . On cueille des fruits sauvages que la nature nous offre si généreusement, pommes, figues, prunes, mûres, cerises … et voilà, un repas simple, naturel, qui rassasie et qui laisse au palais le goût d’une vraie nourriture.
Quelle joie d’être tous ensemble, de voir le regard pétillant des enfants gambadant dans l’herbe, les lèvres et les doigts colorés du jus des cerises où des mûres, de se sentir légers comme le vent, libres.
Souvent je me dis que c’est une chance inouïe d’avoir rencontré cet homme, si plein de générosité, si plein d’amour, si débrouillard, qui a su s’accommoder de cette nouvelle vie, comme une renaissance. Notre petit bout de terre, par exemple, nous est échangé contre de menus services : quelques travaux de jardinage chez son propriétaire. La bonne vieille technique du troc.
Oui, il est vrai, dans le campement, le samedi est la journée la plus tranquille.
Certains vont au village dont l’unique séance est projetée ce jour là dans un petit ciné comme on n’en voit plus que dans les campagnes, avec des chaises en bois comme à l’école et dont l’entrée est gratuite.. D’autres, les ados, lèvent le pouce au bout de la rue pour se rendre à la ville, retrouver les copains, avoir l’impression, pour un jour, d’être comme eux.
Mais, le soir, ce sont les grandes retrouvailles. Tout le monde s’assoient autour du feu pour se retrouver, être ensemble, parler et écouter, se soutenir, s’aimer….. toutes ses richesses que le monde semble avoir oublié……
Commentaires
il est où cet homme merveilleux ???? je le veux !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un très beau texte, comme quoi même les situations les plus terribles peuvent devenir enviables suivant comment on les aborde !
Amour et eau fraîche
Raconté comme ça, ça fait rêver. Moi aussi, j'en aurais bien aimé un comme ça...
Pas encore né...
... il faut bien rêver n'est-ce pas ?
A moins avis,un tel homme n'est pas encore né...
Si ...si
Si ...si...., je suis là.....!!!!
Blague à part, on sait manier l'écriture dans la famille....
Je crois que Lucien vient de s'exposer dangereusement.
très beau texte qui fait ressortir la richesse intérieure de ces familles, inconnue des gens aisés et qui ne vivent qu'au travers de la "consommation"...quelquefois je me dis que les catastrophes naturelles amènent bien des gens à ce genre de réflexion, mais un peu tard et douloureusement hélas
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