27 février 2007
En me balladant
dans un terrain de vignes malheureusement abandonné.....comme beaucoup

mais aussi......
les demeures éternelles
d'animaux sans aucun doute aimés...
25 février 2007
INSOMNIE
Nuit blanche peuplée d’idées noires.. encore une nuit sans repos,
ni de l’âme, ni du corps, 
Nuit pleine de questions, de doutes, d’inquiétude, d’appels muets, étranglés,
Nuit agitée, où l’on tourne et se retourne – encore et encore - mille fois,
Nuit où nos sombres pensées s’accrochent à notre cerveau,
telles des tentacules enroulées à nos nerfs,
Nuit où plus rien ne brille dans nos yeux qui ne veulent pas se fermer.
Nuit inévitable, esprit chancelant face à nos souffrances et nos angoisses,
Nuit de solitude, empreinte de cet espoir vain de l’apaisement de l’oubli dans le sommeil,
Interminable nuit.
Nuit qui semble durer des siècles, où l’on a le temps de mourir dix fois et de renaître autant de fois et de vieillir et d’avoir une descendance et de mourir encore.
24 février 2007
Paroles Plurielles, consigne 40
Incipit : Il choisit toujours la solution la plus compliquée
Véhicule insolite
Il choisit toujours la solution la plus compliquée. Mais c’est ça qui lui plaît.
Cette année encore, il s’était inscrit à ce grand concours annuel de la meilleure invention de l’année ! Déjà tout jeune, son cerveau était tout le temps en ébullition, une vraie cocotte-minute dont le bouchon aurait oublié de s’arrêter. L’an passé, une fois de plus, un autre lui avait volé la première place. Pourtant, il en était sûr, son invention à lui, était bien plus originale et surtout utile. Il avait présenté un stylo, oh pas un stylo ordinaire, un stylo qui écrivait par la force de la pensée. Mais on lui avait répondu que les Hommes, sauf exception, n’auraient jamais cette force, ce pouvoir. Tant pis, son invention au moins lui était drôlement utile : un côté de son cerveau dictait ses formules, ses chiffres que le stylo écrivait instantanément, l’autre côté de son cerveau réfléchissait. Quel gain de temps ! Souvent, il se disait que sa vie, du moins celle là, serait bien trop courte ; Il avait tellement de choses à réaliser.
Il vida de son esprit cette dernière déception et se réconforta en se disant que cette fois ci serait la bonne, il en était sûr, il le sentait comme la consécration de tant d’années de recherches. Cette invention, il la bichonnait depuis des lustres. Personne n’était au courant. Il l’avait cachée dans le fin fond de son hangar. Un vrai capharnaüm, qui lui faisait office de logement et d’atelier. Son antre. Son hors du monde.
Il se mit à sauter joyeusement, dansant tout seul, sur la musique des formules qui chantaient dans sa tête. Il jubilait littéralement. Cette invention, il se disait qu’au moins, on ne pourrait pas lui rétorquer les mêmes raisons que pour son stylo. Tout le monde pourrait s’en servir. Et même, jusqu'à une centaine de personnes en même temps. Qui aurait pu créer un château roulant et nageant, sinon lui ? Il aurait pu faire simple, juste un château qui roule, mais non. Sa devise était « Pourquoi faire simple, lorsqu’il est si palpitant de faire compliqué ? » . Il chantait, il se voyait déjà en haut de l’affiche !
D’ailleurs, demain, c’était les derniers essais. Il savait déjà que le château roulait très bien sur la route. Il avait même testé ses rouages sur la plage. Pas un dérapage. Aucune embardée Les résultats étaient au delà de ses espérances ! Demain, dernière étape, il le ferait voguer. La mer n’attendait que lui !
En fait, il ne tint pas jusqu’au lendemain. Il tressautait d’impatience. Le jour tombait. Il monta dans son château, roula jusqu’à la mer, actionna la manette pour rentrer les roues dans la base-coque du château et avança doucement sur les flots. A peine avait il fait parcouru un mile qu’il lui semblât que le château basculait dangereusement sur l’avant. Il regarda tristement le coucher de soleil et se dit qu’il était peut être temps qu’il revoit sa devise….
22 février 2007
l'Arbre-ROUE

Non, non, ce n'est pas un montage.
L'arbre a bien poussé avec la roue
incrustée dans ses chairs
et une roue de quoi, je ne sais pas trop !
La photo n'est pas très claire mais on peut voir sur l'arrière de l'arbre l'autre morceau de l'essieu.
18 février 2007
Voyage insolite
Les arbres de Djia me parlent......aussi !

L'ARBRE-ARAIGNEE
Il faisait encore nuit. Le moteur commençait sérieusement à m'inquiéter. Des à-coups de plus en plus fréquents me faisaient sursauter de mon siège et me cogner la tête sur la carlingue. Et puis, je vis l'aiguille du réservoir descendre en flêche pour disparaître : la panne sèche ! Horreur : j'allais m'écraser ! Je commencais à piquer du nez dans une vitesse vertigineuse.. je revis en une seconde tous les moments de ma vie.... Et puis...le trou, un grand trou noir.
Je refis surface (si je puis dire) pour m'apercevoir que le coucou avait atterri dans un immense arbre, ramures écartelées comme les branches d'une étoile. Un vrai miracle ! Pas une égratignure, ni sur moi, ni sur le coucou - d'après ce que je pouvais en apercevoir. Je réussi à descendre de l'arbre en m'étonnant de n'avoir aucune courbature, ni aucune difficulté. Les rameaux prenaient la forme d'un escalier. Arrivé en bas, je m'assis, un peu sonné quand même. Il était là, devant moi, admirable, majesteux, fier comme un roi sur son trône. Qui était il ? Mon ange gardien ?
Sorti de ma torpeur, je m'aperçus que ses racines étaient hors de terre, et formaient comme un pont, comme une invitation, comme une porte à traverser sur un monde imaginaire. D'ailleurs, je me demandais si je n'étais pas au paradis.Je pinçais mes bras, mes jambes, me donnais un coup sur la tête. Non, j'étais bien vivant !. Où alors se sentait-on vivant au paradis ?. Un miracle ! Comme si l'arbre tout entier s'était détaché de terre, racines déracinées, branches ouvertes comme un parasol retourné, feuilles bien tendres et offertes comme un nid - une vision magnifique. L'arbre nous accueillait.
Un miracle vous dis-je ! L'arbre nous attendait.......
L’ARBRE-NAIN-AUX-3-BRAS
Je me remis de mes émotions et me dis qu’il fallait absolument trouver du secours. Mais , je n’avais aucune force.
Pourtant, cet arbre m’hypnotisait. J’admirais ces racines qui ressemblaient à une longue chevelure. Je me sentais bizarrement attiré vers ce passage, mais il m’était impossible de bouger. Et puis d’un seul coup, d’un seul, je me senti traversé d’une sensation inconnue, merveilleuse. Comme si mon corps était devenu aussi léger qu’une plume. Comme s’il était devenu oiseau, esprit libre, vide, comme une nouvelle naissance. L’arbre me parlait et je trouvais cela tout à fait normal. J’étais subjugué et je buvais littéralement ses étranges paroles « Tu as été choisi, toi, homme humble qui a fabriqué de tes mains ce petit coucou, afin de sauver les hommes. Ceux qui, seuls, vivant dans la jungle, comptent sur la science des hommes -bien que leurs plantes soient bien plus efficaces. Mais c’est ainsi, les hommes en veulent la technologie mais ils ne la comprennent pas. Bref. Tu as consacré ta vie aux autres, refusant même toute femme qui t’aurait enchaîné dans les maillons du mariage (T’as vu ta tête, heureusement que tu n’as pas de miroir !)
Nous les arbres-génies de la Terre avons décidé de te consacrer « le roi des arbres », afin que tu sauves la Terre. L’arbre-araignée a imaginé ce stratège pour t’accueillir et t’éveiller à notre Monde. Il t’a ouvert la porte du chemin
de la Jungle. Il t’a guidé jusqu’à moi, l’arbre-visage, afin que ton esprit s’ouvre à ma voix. Maintenant, tu vas poursuivre ta route. C’est par-là. NON, pas par-là. PAR LA !!
Si tu passes devant l’arbre-couple-aux-1000-pattes, tu sauras que tu es sur le bon chemin
Celui-ci ne te parleras pas, car il est né muet. Ses paroles, qui émanent de ses pattes, te seront inaudibles. Mais, plus tard, tu rencontreras l’arbre-nain-aux-trois-bras. Là, il sera temps de te reposer. Pas avant ! "
Paf ! Je retombais sur Terre, me fis drôlement mal au coccyx, mais n’en tenant pas compte, me relevais d’un coup, empli d’un élan surnaturel. Je pris la direction pointée par la branche-bras de l’arbre-visage et d’un pas alerte, m’engagea dans un petit sentier.
L’ARBRE-VISAGE
Je marchais, tout en me disant que cela faisait bien 4 ou 5 jours que j’errais dans cette jungle. Mais bizarrement, aucune peur ne m’habitait. Je me nourrissais de plantes et de fruits que je cueillais en chemin. Le soir, je me faisais des champignons grillés. Quelquefois, en dormant, je faisais de drôles de rêves. Sans doute quelques champignons étaient hallucinogènes. Comment savoir ? Franchement, je m’y connaissais mieux en mécanique qu’en cueillette !
D’ailleurs, je rêvais aussi souvent que mon coucou volait, avec d’immenses ailes d’oiseaux qui balayaient le ciel de leurs plumes de toutes les couleurs.
Bref, je faisais donc ma petite vie dans la jungle. Quelquefois je me prenais pour Tarzan, bien que je n’osais pas encore m’accrocher aux lianes pour voler d’arbres en arbres.
J’avançais d’un bon pas. En fait, mes jambes avançaient toutes seules, mues d’une force invisible. Et ce qui m’étonnait le plus, c’est que je n’avais même pas le temps de me poser une question sur la direction à prendre. Mes jambes marchaient toutes seules ! Tant mieux, car je n’aimais pas trop me poser de questions.
Un jour, je rencontrais l’arbre-visage, qui tout le long de ma pause me raconta la dure vie du monde des arbres.
Et puis, au soir du 5ème jour. – du moins, c’est ce qu’il me semblât après avoir mûrement réfléchi aux étapes de mon parcours, la nuit commençait à tomber et il était temps d’installer mon petit campement. Je devenais vraiment expert en matière de litière de jungle. Les branchages et les feuilles n’avaient plus de secret pour moi.
Et là, ba-da-boum, je vis l’arbre-nain-aux-3-bras. Il était vraiment court sur pattes. Enfin, plutôt sous bras.
Comme la première fois, je fus ébloui, transpercé d’une sensation bizarre. Mais cette fois, aucune peur ne montra le bout de son nez. Je commençais à trouver tout-à-fait normal le fait que les arbres parlent. Et puis, ça me faisait chaud au cœur, je me sentais moins seul. Bien sûr, je savais que j’étais aussi entouré de toutes sortes d’animaux, mais ce n’était pas pareil. Les animaux ne parlaient pas eux. Enfin, pas encore.
Je m’installais confortablement (dans la jungle, faut pas être trop difficile), face à l’arbre-nain-aux-3-bras, qui me dit : « Cela fait 5 jours que je t’attends ( j’étais content de ne pas m’être trompé dans mes calculs).
"L’arbre-visage m’a soufflé dans le vent ta venue. Oh petit homme humble, mon Roi, te voici enfin. (là franchement, je me redressais, fier comme un p’tit blanc (comme disait Coluche) – d’ailleurs j’aurais bien bu un p’tit coup moi aussi). Mais ta route n’est pas finie. Il te faut impérativement marcher 7 JOURS avant d’arriver à l’arbre-aux-3-pierres. Tu devras donc encore marcher deux journées entières. Là, enfin, tu seras au terme de ton voyage. Je lis dans tes pensées. Je sais que tu es en train de te dire que ta cargaison de médicaments est en train de se désagréger comme une table. Mais rassures-toi, les arbres-pigeons ont transporté tes caisses à bon port.
Maintenant, vas, c’est par là. NON, pas par LA (t’es bouché ou quoi ?) PAR LA !!"
L’ARBRE-AUX-3-PIERRES et la tribu des « Qui-Vivent-Dans-Un-Trou-De-Souris »
Et me voici donc reparti ! moi tarzan-sans-liane, sur la route. Enfin la route, c’est vite dit.
Je continuais, comme depuis 5 jours, avec un bel entrain qui me venait de la force des arbres. Je me disais qu’après tout, cette vie-là en valait bien une autre. Au moins, maintenant j’avais des amis à qui parler Enfin, plutôt qui me parlaient. Pas comme au village. (Et puis, je ne désespérais pas qu’un jour, les animaux me parlent aussi. Tout était possible.
Je continuais donc à avancer, cahin-caha, vu que je devais quand même sans cesse couper les buissons de broussailles, ronces, lianes, arbustes. .etc qui me barraient le chemin. Heureusement, j’avais toujours mon opinel dans ma poche. Mais bon, un opinel, c’est pas bien grand et donc, même poussé d’un élan céleste, je n’avançais pas bien vite.
D’un autre côté, je me disais que je ne pouvais pas non plus me balader tout le temps avec la hache dans ma poche.
Enfin, vous le voyez, je me posais de grandes questions existentielles.
Pour finir, j’étais quand même content d’arriver au terme du voyage. J’étais surtout content de retrouver les habitants de la tribu des « qui-vivent-dans-un-trou-de-souris ». Je m’étais toujours demandé pourquoi cette tribu s’appelait ainsi vu que je n’avais jamais vu de souris dans la jungle.
Une journée passa, la deuxième aussi. Identiques aux précédentes.
Vers 18 h (je le savais car c’était l’heure de l’apéro), je me pris les pieds dans un tas de plantes épineuses entortillées et m’étalais de tout mon long. Je relevais la tête et là, au premier regard, je le reconnus : l’arbre-aux-3-pierres. Il était là devant moi, magnifique, les 3 pierres posées à 1 mètre de lui, l’une sur l’autre, comme un écran de protection. Je sentais les ondes qui les reliaient (l’arbre et les pierres) sous mon corps étendu par terre.
«Bbbbonjour » me dit-il,(il bégayait) « l’aaaarbre-nain-aux-3-bras m’a télégraphiéééé ton arrivée. C’est biiiien. Tu es à l’heure même si tu te présentes à moi dans un drôle de po-po-po-po-sition. Relèves toi ! "
(tout d'un coup, il me lança d'une traite)
"Ton périple dans le pays des arbres est achevé. Nous t’avons élu pour porter notre parole au monde entier. Dévales cette colline, au fond de la vallée, tu trouveras ton coucou en parfait état. Tu es chargé de la mission suprême d’ouvrir les yeux des hommes afin qu’ils cessent de déboiser la Terre, qu’ils cessent de nous couper, nous les arbres qui en sommes la sève. Nous qui sommes la vie et donnons l’oxygène à toutes choses.
S’ils ne veulent écouter cette parole, le monde périra. Les hommes mouront. TOUS. La Terre disparaîtra de l’univers.
Vas, les habitants de la tribu «qui-vivent-dans-un-trou-de-souris » t’attendent. Ils ont préparé une grande fête en ton honneur. Tu es leur sauveur aussi, eux qui voient leur territoire devenir un mouchoir de poche.
C’est un lourd fardeau qui pèse désormais sur tes épaules car les hommes sont d’une bêtise inimaginable.
Ils scient eux-même la branche sur laquelle ils sont assis.
Nous, les arbres de la Terre seront toujours dans ton cœur, dans ton âme. Nous te porterons, nous te guiderons, nous t’aiderons à accomplir cette tâche si difficile, nous ouvrirons ta bouche pour propager cette parole de vie"
Et vous, qu’est-ce qu’ils vous racontent les arbres ?
17 février 2007
JEU DE MOTS (bis)
Le temps, suite ! notre amie du Québec Djia continue la prose.......
Le Temps nous étoile
Le temps nous éteint
Le temps nous est toile
Le temps nous est teint
Le temps nous égrit
Le temps nous écoeure
Le temps nous est gris
Le temps nous est coeur
Djia
..... ainsi que ........
le temps nous enseigne
le temps nous en saigne
le temps nous est fort
le temps nous éphore
le temps nous étend
le temps nous est tant
le temps nous exhauce
le temps nous exhausse
Ambreneige
Désolée, ce matin, canalblog n'en fait qu'à sa tête.....pour la mise en page....!!!
16 février 2007
JEU DE MOTS

Le temps nous étreint
Le temps nous échappe
Le temps nous est train
Le temps nous est chappe
Le temps nous est égrène
Le temps nous effleure
Le temps nous est graine
Le temps nous est fleur
Le temps nous est clair
Le temps nous étonne
Le temps nous éclaire
Le temps nous est tonne
Le temps nous étend
Le temps nous égare
Le temps nous est tant
Le temps nous est gare
Je cale..., mais je suis sûre que pour vous, qui passez par ici, d'autres jeux de mots vous viendront à l'esprit. Allez n'hésitez pas !
14 février 2007
Paroles Plurielles, Consigne 39
Photos de Farfalino
Incipit : « je suis resté(e) une heure environ dans la salle de bain »
Reconversion
« Je suis restée une heure environ dans la salle de bain ». Une heure de plus. Une heure de trop.
Cette phrase, depuis quelques temps, l’infirmière la tournait dans sa tête comme une rengaine.
Nulle difficulté à imaginer le genre d’histoire qui amenait cette jeune fille aux urgences cette nuit là.
Elle retrouva les plaies qu’elle avait tant de fois soignées sur tous ces corps meurtris qui étaient passés dans son cabinet depuis qu’on l’avait mutée dans ce service : l’œil poché, les lèvres fendues, les bras griffés quand ce n’était pas les marques des liens fortement ancrés dans les chairs des poignets, les plantes de pieds écorchées à vif d’avoir tant couru pour tenter d’échapper à leur agresseur, les jambes meurtries, les mains déchirées..
Toutes, presque toutes, des copies conformes
Elle la déshabilla, l’installa dans la baignoire et fit couler sur elle un filet d’eau tiède. Elle se mit à la laver, doucement, caressant ce corps meurtri. La jeune fille se laissait faire, l’air hagard, les lèvres frémissantes, sans dire un mot, regardant ses mains crispées, recouvertes de boue, comme si elles ne lui appartenaient pas, comme si elle leurs reprochaient de n’avoir pas pu l’étranger. Lui. L’horrible motard qui l’avait violé. L’ogre, qui lui avait volé son corps, qui lui avait mangé son âme. Qui l’avait battue, humiliée, piétinée, qui l’avait regardée ramper dans la boue en riant ,en l’aspergeant d’un coca qu’il était en train de siroter comme s’il regardait un film à la télé, et pour finir se jeter sur elle et l’écraser de sa force. Oui, on avait l’impression qu’elle haïssait ses mains.
D’un geste brusque, la jeune fille saisit le flacon de savon liquide et en vida une bonne partie en direction de son entrejambe, qu’elle lava et rinça à plusieurs reprises, puis remis le flacon dans les mains de l’infirmière et retomba dans une apathie morbide.
L’infirmière la sécha, tamponnant délicatement ses blessures ouvertes, lui remis ses cheveux en ordre… l’image du lendemain était toujours dure à supporter, elle le savait par expérience, lui administra un calmant avant de l’allonger.
Elle s’endormit en lui tenant la main, des larmes silencieuses coulaient de ses yeux qui papillonnaient.
Laver, nettoyer, ouatter, panser. Adoucir ce qui pouvait l’ être. Tout cela lui prit une heure environ.
Car, les blessures intérieures, elles, ne se recouvraient pas de pansements. Elle le savait aussi.
« Je suis restée une heure environ dans la salle de bains , une heure de plus. Une heure de trop. »
Les mots tournaient en boucle dans sa tête. Elle se dit que, décidément, elle ne pouvait plus supporter toutes ces douleurs, qu’elle n’en avait plus la force. D’un pas décidé, elle se dirigea vers la DRH pour déposer sa démission.
12 février 2007
Telle une balle
N'avez vous jamais eu l'impression d'être une balle ?
Ballotée d'une envie à l'autre, ballotée d'un désir à l'autre, ballotée d'un chemin à l'autre.
Une balle, ça traverse la vie et suit les aléas du chemin
Une balle, ça peut être tendre, malléable, doux comme un chat qu'on caresse
Ca peut être souple, comme un petit rat d'opéra ou un(e) adepte du yoga
Une balle, ça roule, ça coule, ça sursaute, ça tressaute
Ca s'arrête contre un obstacle et souvent, le franchit
Ca se laisse triturer, malaxer, sans rechigner,
Ca suit le mouvement, ça se meut dans le sens du voulu
Ca s'arrête quelquefois contre un mur,
mais, d'instinct repart dans un autre sens
Jusque plus d'élan
Ca peut être tendre, comme le caoutchouc
Ca peut être froid comme la neige
Friable comme la paille
Ca peut se poser, sans bouger, attendre, espérer,
Ca saute, ça s'élance dans les airs, ça respire le vent, les odeurs
Ca tombe aussi quelquefois...... dans un trou
Une balle...
Ca se ride comme une vieille pomme oubliée dans un coin
Ca se fane de l'oubli
Ca perd ses couleurs du temps qui passe
Ca se morfond de l'absence du jeu
Ca devient dur, vide, ça perd sa vigueur, ses envies de voltiges,
Ca devient triste, fatigué, usé,
Ca redevient poussière..
08 février 2007
Un orchidée noire dans mon jardin
Voilà ce dont je rêve parfois… Je suppose que tant me diront que le rêve n’est souvent qu’illusion ! Je rêve d’un monde heureux…….je rêve d’un monde où l’on rit, je rêve d’un monde où l’on s’aime, je rêve d’un monde sans haine, sans conflits, sans guerre, d’un monde où l’on serait tellement
heureux que la peur de ne plus être ferait naturellement partie de la vie. Une autre vie.
Je rêve de découvrir un orchidée noire dans mon jardin……
Je rêve de faire le tour du monde et que je rencontrerais des gens qui sourient dans la rue, des gens qui disent merci, des gens qui s’embrassent, des gens qui s’aiment, des gens qui s’entraident, des gens qui croient aux lendemains, des gens optimistes, des gens gais, des gens habillés de tant de couleurs joyeuses, des gens qui ne se battent pas pour des religions, des gens qui ne sont pas obligés de mettre le feu à des voitures pour faire savoir qu’ils existent, des gens qui n’abandonnent pas leurs chiens au bord des routes de vacances, des gens respectables. Je rêve d’un monde où les gens ne meurent pas de froid dans les rues, ne meurent pas de ne pas avoir d’eau potable, un monde où les gens n’auraient pas peur de sortir de chez eux, où les gens croiraient encore que l’on peut grandir et être heureux, où les gens ne critiquent pas leurs voisins de paliers. Je rêve d’un monde où les gens se sentent à l’unisson avec leurs prochains, où les gens n’ont pas peur d’avoir des cheveux blancs, où les gens savent dire non. Des gens confiants pour l’avenir de nos enfants, des gens aimants, des gens aimables, des gens qui n’ont pas l’impression de vivre dans un monde fictif. Je rêve de gens qui ne saignent pas.
Je rêve de trouver une orchidée noire dans mon jardin…..
Je rêve d’un monde où la nature redeviendrait un élément essentiel, d’un monde où l’on n’abîme pas ce qu’elle nous offre. Je rêve d’un monde où la nourriture ne serait pas industrialisée. Je rêve d’un monde où personne n’est jaloux, où personne n’a rien a démontrer, je rêve d’un monde de gens vrais. Je rêve d’un monde où tous les enfants seraient heureux. Je rêve d’ un monde où l’humain re-deviendrait humain.
Ai-je plus de chance de trouver une orchidée noire dans mon jardin ?
