L'ombre des mots, le chic des photos

Mots légers, mots profonds qui s’enlacent, se conjuguent, se disent, s’écoutent, se parlent, se taisent, se perdent Photos de l'extérieur, photos de l'intérieur...

28 décembre 2007

INVITATION SURPRISE

Consigne 60, Paroles Plurielles

Ecrire un monologue intérieur de quelqu'un qui doit prendre une décision, et qui ne parvient pas à se décider, en utilisant des mots "toc" (tout-à-fait... quelque part... effectivement... pas de souci... que du bonheur... c'est trop... j'ai envie de dire... oui mais non... y pas photo)

Et toc ! me voilà encore entre deux eaux. Je m’étais pourtant dit que je ne la reverrais ja-mais !

Mais sans doute qu’à un moment où un autre ça arriverait, qu’elle voudrait qu’on se rabiboche.  Il va bien falloir maintenant que je me décide ! Irais-je, n’irais-je pas ? Allez, je vais me faire la fameuse liste, celle du pour, celle du contre…. Evidemment, je me connais, je vais argumenter toutes celles qui iraient bien dans la liste « pour » et les agrémenter d’un petit inconvénient pour la refourguer dans l’autre liste ! mais bon, pas de souci, ce coup-ci,  je vais essayer d’être vraiment honnête, le jeu en vaut la chandelle.

Les fêtes de fin d’année sont bien les seules réunions où toute la famille peut se retrouver mais quand même ! Elle n’a pas donné signe de vie depuis au moins dix ans, après cette fameuse histoire.

Après tout, je n’y étais pour rien moi, ce n’est pas moi qui lui ai piqué son mec ! ma cousine en plus !

Oui mais non, après tout, je ne dois rien à personne même si  tout cela part d’une bonne intention

Oh non, franchement, c’est trop ! Je n’arrive pas à me décider…pourtant, le temps à passé, mais au fond de moi je sens bien que je lui en veux encore….

mais faut bien que je me l’avoue, cette invitation me fait quand même bien plaisir …et puis quelque part,  j’ai bien envie de revoir Marc aussi et de connaître le petit Jérôme. Ce p’tit bout de chou, ça ne doit être rien que du bonheur…

.. quand même, j’hésite ! elle pourrait penser que je lui ai entièrement pardonné….

Allez , y’a pas photo. Faut que je ravale ma rancœur.  J’y vais.  Après tout y’a que les cons qui ne changent pas d’avis


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23 décembre 2007

Il ne reste de toi........

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Il ne reste que les ombres sous un drap qu'on soulève
La chaleur d'un corps qu'on ne sentira plus
Il ne reste que l'amour vain irradiant de mon coeur
Dans une attente fertile de notre amour perdu

Il ne reste que les odeurs que je ne retrouve pas
Que je cherche dans les arômes flottants de mes souvenirs
Il ne reste que mes sens qui voguent avec le vent
Se croisent, s'emmèlent, se perdent sur les fils de ma vie

Il ne reste que mes souvenirs tapis dans les parois de mon cerveau
Comment vouloir oublier et se souvenir à la fois ?
Au détour d'un sourire, je me demande souvent ce que je fais là
Pas à pas sur l'herbe fraîche, ton âme dérivant au dessus de moi

Maintenant que je suis seule et que je dérive sur les scènes de la vie
Il ne reste que les volutes fluides de mes souvenirs enfouis
Une douleur qui me brûle et  me nourrit de gouttes d'amertume
Il ne reste que les larmes pour nourrir mes instants présents

Il ne reste que des odeurs sur des vêtements jadis habités
Qui s'enfuient avec le temps comme une honte d'être non lavés
Il ne reste que le miel acide d'un non sens
Il ne reste de toi que ton visage
qui se reflète dans mes rêves tourmentés

Poème dédié à mon mari décédé en décembre 2002

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18 décembre 2007

Trahison Indécente

Consigne 59 – Paroles Plurielles

Ecrire une lettre sur le thème de la jalousie, sans utiliser la lettre U
Seuls « tu » et « vous » sont autorisés

Gaston,

Je me sens si dépitée face à cette indécence. Je n’ai pas l’envie ni la force de t’affronter.
Je préfère t’écrire cette missive, exorciser ma colère par les mots.

Tu m’as trompé !  Tu m’as trompé ! à 87 ans ! te rends-tu comptes ? après tant d’années passées ensemble ! Comment as-tu fait ? Comment as-tu osé ? Est-ce même pensable ? encore hier tu disais n’aimer  !

Je sais : le dernier bal !  cette petite vieille  virevoltait sans arrêt, près de notre table,  son  pas boitillant, ses tifs filasses complètement emmêlés.

J’avais constaté tes petits regards délavés d’envie dirigés vers elle.

Tu appréciais tant ma tignasse épaisse et frisée, tu me disais encore ma joliesse. Comment as-tu été attiré par cette vieille, laide et célèbre dans le village par ses  manières dépravées ?

J’avais observé tes petits regards émerveillés comme si tu avais rencontré la Miss Monde.  Je te connais comme ma poche. Je te connais  par delà l’extrémité de tes ongles que tu ne tailles jamais bien , me blessant  alors que vient le moment de se mettre dans les draps !

Tu a pensé: personne ne s’en apercevra ! Ne connais-tu pas  la Georgette ? elle passe son temps derrière ses voilages. De sa fenêtre, les iris exorbités par l’effarement, elle n’a cessé de fixer ce simili-ménage passant devant elle, se tenant par la main, sans gêne, se demandant si elle ne devenait décidément pas folle.  Evidemment, dans la seconde, elle venait m’avertir, encore hésitante se demandant si ses mirettes ne l’avaient trahie !

Même encore à l’instant je n’arrive pas à y croire, mais tu m’as déshonorée et jamais je ne te pardonnerais cette trahison. J’ai déjà fait mes valises. Je pars.  Tu ne me reverras pas ! Mon pôvre Gaston, tu devras désormais  faire ta popote et repriser ton linge.

Moi, j’ai 82 ans et encore de belles années à vivre !


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17 décembre 2007

..au petit matin......

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Il neige par chez vous ?


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10 décembre 2007

C'est trop beau !

puech


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04 décembre 2007

Les Croissants chauds

Paroles Plurielles, consigne 58

L'incipit  "Je n'ai pas mis les bonnes chaussures ce matin"

Les croissants chauds

Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin. J’aurais dû m’en douter. Aujourd’hui, nous sommes Dimanche et une fois de plus, la patronne m’a envoyé en urgence consigne_58___14_novembreacheter les croissants chauds. Le samedi soir, Madame reçoit son Amant. Ah celui-là, le moins qu’on puisse dire, c’elle qu’elle l’adore. Elle est aux petits soins avec lui et chaque dimanche matin , il a droit à son petit déjeuner au lit, avec croissants chauds, jus d’orange et tout le tra la la.. Quelques fois, elle m’envoie même cueillir une fleur au jardin qu’elle dispose amoureusement dans un petit vase sur son plateau.
Si elle s’apercevait des petits clins d’œil qu’il me lance en coin, elle en deviendrait folle !!

En attendant, une fois de plus, il a fallu que je mette mes chaussures en vitesse, mon manteau et que je cours à la boulangerie. Cette même boulangerie qui m’oblige à traverser cette place, triste et plate, traversée de courants d’air, dans la grisaille d’un matin tout juste levé.

Non, seulement je dois marcher vite pour l’aller mais presque courir pour le retour : il faut que les croissants restent chauds,  alors qu’il suffirait d’un petit passage au four. Mais non « ils ne sont plus aussi croustillants » me rétorque t’elle, avec ce petit sourire ironique que  j’abhorre.

Et chaque fois, je suis étonnée d’apercevoir tous ses gens se promenant de si bon matin ! Ah s’ils faisaient du ménage toute la journée comme moi, le Dimanche, ils feraient la grasse matinée !

Et me voilà, chaussée de ces mocassins souples, ceux que j’utilise lorsque je dois nettoyer les pièces de moquette,  ces mocassins qui laissent traverser la froideur et me gèlent les orteils. Et dire qu’en plus, je n’en ai pas d’autre paire. Il me faudra les laver et les sécher avant l’après-midi pour nettoyer les chambres ! Mais pourquoi ne me suis-je pas rappeler qu’elle me faisait le coup tous les Dimanches ? J’aurais enfilé mes bottes même avant son injonction !

Heureusement, demain c’est lundi…


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28 novembre 2007

Triste spectacle

Ma ville triste et grise comme toutes anciennes villes minières....devient de plus en plus triste et grise si tant est que cela puisse être possible....presque noire comme le charbon qui les a nourrit pendant des décennies.
Les jeunes partent à la "grande ville" pour travailler et gagner moins....

Les vieux - ceux qui ont la chance d'avoir encore une bonne retraite et auraient donc les moyens de se nourrir mieux - vont au seul supermarché du coin qui n'étale que des produits industriels, délaissant les petits commerçants encore debouts, ceux là même qui ont nourrit leurs ancêtres, qui vendent encore des produits locaux, qui respectent les animaux, la terre, la nature.

Ces petits commerces évidemment ne peuvent concurrencer !
Faute de progéniture pour reprendre le flambeau, faute d'acheteur qui font une grimace en voyant les minables chiffres d'affaires affichés, ils ferment...et bien souvent n'arrivent même pas à louer leur pas de porte à défaut de leur fonds

TRISTE SPECTACLE  d'une ville qui se meurt...

boutiques

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20 novembre 2007

Ils nagent.......

banc_de_poissons

Dans notre société, les citoyens sont comme ce banc de poissons : ils se croient libres mais nagent tous dans le même bain…


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24 octobre 2007

LE VIEIL HOMME

Dernière phrase : "il lui donna solennellement les clés de la maison"

Le vieil homme s’arrêta en haut des marches. Il était tellement essoufflé qu’il dût se tenir immobile un bon moment pour reprendre sa respiration qui jour après jour devenait de plus en plus sifflante. Il se soutint au pommeau de la rampe d’escalier en avalant avec douleur de grandes goulées d’air. En ces instants, il avait toujours cette horrible sensation que son torse était une torche en feu.

consigne_55Il se dit que décidément il devrait s’éviter ce genre d’exercice qui l’épuisait littéralement. Et Anna, sa femme bien aimée, qui n’était plus là pour lui prendre la main, le soutenir !
A quoi cela sert-il ? se demanda t’il. Pour quelle raison s’échiner à cette petite promenade journalière que lui avait conseillé son médecin,  au terme de laquelle il avait l’impression d’avoir du coton à la place des muscles, un brasier à la place des poumons et ses os qui s’entrechoquaient comme si son squelette était en train de se désarticuler ? Pourquoi continuer à résider seul dans cette grande demeure abandonnée de tous ?
Même les domestiques, au bout de quelques mois de salaires impayés, étaient partis.

Il fit quelques pas et s’écroula sur le banc qu’Anna avait fait installer en haut des marches. Ce même banc, où chaque soir, ils s’installaient ensemble pour admirer le jardin de fleurs qu’elle aimait tant, les troènes que leur jardinier s’était amusé un jour à tailler en forme d’animaux géants, et au loin ce magnifique paysage de forêt où quelquefois ils apercevaient tantôt un écureuil, tantôt un chevreuil qui passait tranquillement sans se soucier d’eux. Il se souvint qu’à ces moments là, tous deux se regardaient d’un air complice et ne disaient pas un mot pour prolonger cet instant de bonheur.

« Oh tendre Anne, il me tarde tant de venir te rejoindre » pensa t’il. Ses souvenirs le laissaient toujours triste et encore plus seul.
Comment pouvait-on être plus seul que seul ? Encore une question qu’il se posait souvent.

Perdu dans ses réflexions, il n’entendit pas arriver la voiture de son fils qui, comme tous les premiers dimanches du mois venait lui rendre visite. En l’apercevant au bas de l’escalier, il sursauta comme s’il avait vu un fantôme. Pourtant, il se dit que François arrivait à point nommé. Sa décision était prise : ce soir, il ne brancherait pas son appareil à oxygène. Il avait tant envie de serrer de nouveau Anna dans ses bras que cette idée lui amena un sourire qui illumina d’un coup de jeunesse son visage jusqu'alors terne et ridé.

Il sortit de sa poche le trousseau, se leva, fit quelques pas en direction de François qui gravissait les dernières marches. Il l’embrassa et le regardant droit dans les yeux, il lui donna solennellement les clefs de la maison.


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15 octobre 2007

Personne à l'horizon

phare

Quelque chose quelqu’un quelque  part
Est là pour qu’on ne meure pas
Vive lumière intermittente d’un phare
Des flashes d’ondes colorées
sur l’océan de nos vies
Tant de reflets scintillants

Quelque chose quelqu’un quelque  part
Est là pour qu’on ne pleure pas
D’ignorances enfouies qui se déparent
Des flots, des marécages de nos tares
Surtout
Ne pas étouffer dans nos mers de rage

Quelque chose quelqu’un quelque  part
Est là
Tapi dans l’ombre de nos sens
Un maître, qui dans ses airs de guitare
Ses arcs en ciel, ses tessitures bizarres
Inonde nos âmes de ses musiques rares

Quelque chose quelqu’un quelque  part
Devant  nos yeux étonnés grand ouverts
Découvrant  les beautés insoupçonnées du Monde
Nourriture de tant de beautés, d’instants hagards
dans un soulèvement de rêve
dans une haleine rare

Quelque chose quelqu’un quelque  part…..
Mais ma douleur traverse le temps
J’ai laissé pleurer des printemps des étés
Des automnes des hivers
…..Personne à l’horizon


Posté par Brie à 11:37 - Poésie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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